EMHM: Un Suisse à l’heure chamoniarde

Pendant huit mois, l’adjudant Christoph Linder du centre de compétences du service alpin de l’armée suisse à Andermatt a intégré l’équipe des instructeurs de la direction des Stages dans le cadre du deuxième partenariat de la Suisse vers la France. Il s’est installé aux Houches avec son épouse et sa petite fille. Il nous livre ses impressions sur son séjour au sein de l’École militaire de haute montagne.

En quelques mots, pouvez-vous décrire  votre passage à l’EMHM ?

« Il est difficile de décrire ces huit mois à l’EMHM en quelques mots. Il s’agit d’une expérience unique. J’ai été très bien accueilli, notamment par l’adjudant Greg.

J’ai rapidement été engagé dans les instructions dispensées aux stagiaires. En été, j’ai été mis sur un stage de perfectionnement. En automne, j’ai découvert le parapente avec l’adjudant-chef Micka et l’adjudant Greg. J’ai tellement accroché que je vais continuer cette activité en Suisse et passer des diplômes. En hiver, malgré les conditions de neige délicates, nous avons toujours trouvé des solutions pour pallier le manque de neige et dispenser une instruction de qualité pour les stagiaires. J’ai encadré des stages de qualification et de perfectionnement.

Le relationnel entre les stagiaires et les instructeurs est basé sur la confiance mutuelle. Il existe beaucoup d’échanges entre eux, ce qui n’est pas systématiquement le cas dans le mode de fonctionnement en Suisse ».

Quelles relations  avez-vous eu avec les instructeurs de la Direction des Stages (DDS) ?

J’ai eu un très bon contact. Notre passion commune pour la montagne  permet de créer  plus facilement de bonnes relations sincères et franches. D’autant  plus que les instructeurs ont la possibilité de sortir ensemble en dehors des stages pour partager leurs compétences et se maintenir à un bon (voire très bon et/ou excellent) niveau. De plus, la majorité des instructeurs a une expérience en opérations extérieures ; de ce fait l’aspect humain et relationnel en dehors des heures de services est très pris en compte. Il y a toujours des personnes pour aider, conseiller que ce soit au travail ou dans la vie de famille et de tous les jours.

Il ressort aussi une grande fierté de la part des instructeurs d’occuper ce poste, de transmettre les savoir-faire et de partager cette passion de la montagne  avec désintéressement et pédagogie ».

Connaissiez-vous Chamonix ?

« Oui !  J’y suis déjà passé une dizaine de fois dans le cadre de mon diplôme de guide. J’avais fait quelques sommets (dont  4 fois le Mont-Blanc par 4 itinéraires différents).

Il n’y a pas vraiment de villes comparables en Suisse. A Chamonix, on peut rencontrer dans les rues une population huppée qui côtoie des alpinistes venus du monde entier pour pratiquer  la montagne.

Chamonix est historiquement et traditionnellement le berceau de l’alpinisme et aujourd’hui encore, on ressent cette ferveur autour de cette activité.

Lors des périodes de vacances scolaires, je ne restais pas à Chamonix car il y a énormément  de monde et cela devient plus compliqué (parking, promenades…) ».

Quelques souvenirs qui resteront gravés dans votre esprit ?

« Trois surtout me viennent à l’esprit. Le premier est le stage de perfectionnement en Suisse et plus particulièrement l’arête Sud du Salbit avec les stagiaires car j’étais chez moi et heureux d’accueillir les stagiaires dans mon pays et de partager ma connaissance du terrain. Le second est l’ascension du Mont Blanc par l’aiguille de Bionnassay, itinéraire que je n’avais pas encore effectué. Le dernier est une belle course classique au col du Belvédère avec les stagiaires avec l’équipement du col pour redescendre dans le vallon de Bérard. »

Par la qualité des services rendus, par son humilité et son dévouement, l’adjudant Linder a reçu l’insigne d’argent de l’EMHM.

©EMHM