Le général Frère

Avant d’être le général résistant que nous connaissons, Aubert Frère s’illustre tout d’abord pendant la Grande Guerre à Verdun ou lors de la bataille de la Somme.

En 1931 il est nommé général de Brigade et prend le commandement de l’École de Saint-Cyr. Nommé général de Division en 1936, il est fait général de Corps d’Armée un an plus tard et est à la tête du 8e corps d’armée à Strasbourg lorsque que la Seconde Guerre mondiale éclate.

Muté à Lyon en 1940 au poste de Gouverneur militaire, il donne l’ordre – non officiel – de camoufler des armes et de se tenir prêt à l’action clandestine. Il quitte Lyon le 13 juillet 1941 pour être fait général d’Armée au mois de juillet de la même année et prendre le commandement du 2e groupe de Divisions Militaires. Il a ainsi autorité sur la moitié de l’Armée d’Armistice. Après l’invasion de la zone libre le 27 novembre 42, sonnant le glas de l’Armée d’Armistice, les généraux Verneau, Olleris et Revers lui demandent de prendre la tête de l’ORA – organisation de résistance de l’armée – qu’ils viennent tout juste de créer le 31 janvier 1943, mais qui avait été préparé dès juillet 1940 par certains chefs de l’Armée d’armistice. 

L’Organisation de résistance de l’Armée paiera un lourd tribut dans la lutte contre l’occupant, plus de 1 600 hommes étant tués au combat ou fusillés dont 327 officiers et sous-officiers. Plus de 850 de ses membres seront déportés, dont 360 ne reviendront jamais.

Parmi ces derniers figure le général Frère, qui, arrêté avec son épouse le 12 juin 1943,  est jugé, puis déporté au camp du Struthof. Il y meurt de maladie et sans doute de mauvais traitements un an plus tard presque jour pour jour, le 13 juin 1944. Déportée pour sa part à Ravensbrück, sa femme en sort vivante en 1945.

Afin de lui rendre hommage, la promotion de Saint-Cyr baptisée en 1949 porte le nom de « Général Frère ». De plus, la garnison du fort de la Vitriolerie est renommé Quartier Général Frère en 1968, une stèle étant élevée en son honneur à l’entrée.

SourceBernard Demotz, Claude Sommervogel, Henri Jeanblanc et Jean-Pierre Chevrier, Les gouverneurs de Lyon, 1310-2010: le gouvernement militaire territorial. Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire, 272 pages.